lundi 11 août 2008

Micromégas IV, un Doris trop extrême !


Micromégas IV en attente de départ dans l'embouchure du courant de Contis

Nous nous sommes bien échappés de Contis par beau temps, le canot marchait très bien au plus près du vent… Mais nous sommes arrivés sur Hendaye au portant et avons rapidement réalisé que le doris était trop extrême. Il serait rapidement devenu trop dangereux en vent arrière, nous risquions d’embarquer beaucoup trop d’eau par le travers avec une mer vicieuse.
Nous avons donc décidé d’abandonner notre expédition, on ne veux pas crever tout de suite…
Notre recherche esthétique a été trop loin, nous avons trop cherché à imiter des doris anciens, surtout dessinés pour marcher à la rame et non à la voile!!! Après notre dernière traversée sans boussole, il était difficile de faire beaucoup mieux, et nous avons placé la barre trop haute et poussé le bouchon beaucoup trop loin..
Ce doris restera comme il est, magnifique... Un fantasme,une folie, juste une magnifique sculpture de bois inutile!
C’est évidemment terrible pour nous, car cela fout en l’air un programme de plusieurs années de travail, mais il faut reconnaître ses torts devant la mer qui est une affaire sérieuse. Cela nous donne une bonne leçon.
Maintenant, nous avons besoin de temps pour digérer cet échec. On est très tristes, ça nous en a foutu un méga coup au moral... On apprend tous les jours... En ce moment, on pense à dessiner un truc flottant, rapide, petit, pas cher et rapide à constuire... Une extrapolation du Micromegas 1... Il va falloir qu'on retente quelque-chose !!!
Nous sommes désolés pour tous nos amis proches ou lointains, mais nous sommes persuadés qu’il n’a pas de honte à avoir, car nous avons essayé et cela seulement compte.


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8 commentaires:

Alomphega a dit…

Je comprends votre tristesse, mais j'admire votre intelligence et votre courage !
Il était certainement plus facile de faire l'autruche (pas trop un oiseau de mer d'ailleurs) que d'accepter de regarder la réalité en face comme vous l'avez fait, chapeau bas.

En effet les "terranovas" (doris de Terre-neuve) étaient il me semble des bateaux de transport de poisson qui devaient leur très grande stabilité au fait qu'ils étaient remplis de poissons et menés à la rame... Les rameurs seuls servaient de lest le bateau vide, et quand il se remplissait c'est la charge elle-même qui lestait le bateau, le centre de gravité restant en dessous de la ligne de flottaison de par la forme du doris qui s'enfonçait au fur et à mesure qu'il se chargeait. Pas de poids dans les hauts, pas de force vélique déstabilisatrice.

Je suis très content que votre envie de vivre, de connaître et de partager de nouvelles aventures ait été plus importante qu'une bien futile fierté !

Vous pourrez ainsi donc encore offrir du rêve, et pour cela : merci, merci, merci.

Navicalement,
Guy

Pierre a dit…

Bonjour,

C'est assez surprenant, je pensais que les doris étaient très marins.

Est-ce un problème de stabilité/raideur à la toile ou bien juste le risque d'embarquer trop d'eau. N'est-il pas possible de le ponter davantage sans trop l'alourdir (genre sandwich fibre/balsa/fibre) et de réhausser un peu le fond du cockpit pour le rendre autovidable ?

Salutations,

Pierre

Pierre a dit…

Désolé, ignorez mon commentaire précédent. Je n'avais pas vu que le message datait de 2008 ...

simon a dit…

J'aurais envie de dire youpi parceque micromegas 1 est super !
il est toujours beau ce Doris, vous le dites boien, c'est vraiment une oeuvre d'art, rien ne vous empêche de vous en servir pour des rencontres, des balades, faire des photographies, et puis pêcher avec, vous pouvez le louer pour "une expérience de pêche authentique", il trouvera une utilité c'est sûr.
Ca ne vous interesse pas de faire une sorte de prao pacifique, au lieu de faire un tri, il y aurait une coque principale, toute symétrique, deux puits de dérive, un flotteur assez gros relié à des bras pour contrer la gite et pour mettre une plateforme, plus un deuxième petit flotteur sur des bras assez courts juste pour empêcher de chavirer, ce flotteur étant optionnel. D'ailleurs ça pourrait à la fois être un prao pacifique et un prao atlantique, suivant l'état de la mer et la façon dont vous voulez avancer. C'est une formule de vous n'avez pas encore tellement experimenté, c'est prouvé efficace, et il y a beaucoup à inventer. Vous pourriez essayer toutes sortes de gréement, gibbons, ou kite, ou la traditionnelle voile en pince de crabe, sinon très economique voiles de planche à voile haubannées, à peine modifiées.
La préparation d'une aventure c'est vraiment une bon moment surtout au stade ou vous en êtes, vous pouvez tout imaginer, même si c'est simple c'est toujours prise de tête et passionnant, j'ai hâte de savoir ce que vous allez nous sortir !
Amusez vous bien !

Anonyme a dit…

Salut les gars !!!

J'admire votre courage et votre détermination.
J'ai lu votre livre " Les mutins de la mer " et j'ai énormément aimé votre livre dans lequel on ressent votre esprit et la force qui vous anime.
Je viens de lire sur votre site, votre article sur votre bateau Micromégas IV.
Votre bateau est trop extrême pour tenter une expédition et vous avez pris la sage décision de ne pas tenter de mener votre bateau dans une mer trop formée.
L'océan a toujours raison, quand sa fureur se déchaine, nous sommes peu de chose face à cette énergie monstrueuse.
Dans ces moments-là, on prie.
On prie pour que son bateau tienne le coup.
Et ne coule pas.

Ne vous en faites pas les gars.
Continuez.
Repartez d'une feuille blanche.
Redessinez un bateau, très marin.
Ce que vous vivez n'est pas un échec !!!
Jacques Brel disait: " La qualité d'un homme se calcule à sa démesure, tentez, essayez, échouez même, cela sera votre réussite. "

Vous avez le sentiment d'être en échec.
Mais chassez ce mot de votre esprit.
Ce n'est pas un échec.
C'est votre histoire, je veux dire par là, que vous avez construis un bateau et vous doutez que celui-ci tienne le coup face à l'océan.
Et bien, je ne vois pas d'échec moi ?

J'ai regardé votre film formidable lorsque vous traversez l'océan.
Vous vous rendez compte de cette aventure incroyable que vous menez ! Je trouve ça génial.
Vous n'êtes pas ces mecs blindés de fric qui vont naviguer avec une rolex au poignet pour offrir ensuite à des journalistes désabusés le récit d'un exploit mille fois déjà vu.
Vous, vous replacez l'homme dans le contexte véritable de l'aventure.
Vous êtes de la même trempe qu'un Henry de Monfreid.
Ce que vous faites, ça c'est quelque chose !!!
Putain les mecs, ne vous découragez pas.
Moi, je ne vois pas du tout l'échec dans ce que vous vivez actuellement.

Au contraire, Micromégas IV est une forme de virage , une charnière.
Je suis certain qu'à partir de maintenant, à partir d'une feuille blanche, votre expérience, vos pensées et vos réflexions vont aboutir à la création d'un futur bateau tout à fait adapté à la haute mer et à votre future expédition.

Ne vous découragez pas.

David Beck

cecile a dit…

Suis vraiment bluffée par ce que vous faites, celà fait rêver...

salutations

Alomphega a dit…

Non seulement aucune honte à avoir, mais au contraire même vous pouvez ressentir de la noble fierté à avoir su intelligemment avouer ainsi vos limites face à dame Nature !

Nul doute, avec une telle attitude votre prochain projet sera couronné de succès.

Nauticalement,
Guy

ufoot a dit…

J'apprends avec un certain retard ce demi-tour contraint et forcé, et comprends votre déception. Ça doit pas être facile... Mais c'est vrai qu'écoper en catastrophe au milieu d'une mer démonté, ça doit pas être rigolo non plus. Bonne route à tous les deux. Je vous souhaite un bon rebond. Et hop!